Le Brésil a publié le 1er septembre au Diário Oficial da União le décret n° 13.108 du 31 août 2026, qui encadre la vente de billets pour les événements. Il n'entre pas en vigueur d'un seul bloc : l'article 26 en réserve une partie pour dans vingt jours.
Ce qui s'est passé
Le texte officiel précise l'application de la Lei nº 8.078 de 1990, le Código de Defesa do Consumidor, à la commercialisation des billets. Il est signé par le président Luiz Inácio Lula da Silva et quatre ministres. Il couvre les billetteries, les sites web, les applications et les autres canaux, et exclut les événements sportifs, régis par la Lei nº 14.597 de 2023.
Le vendeur primaire doit annoncer le prix total, frais détaillés, dès le premier contact, « de forma clara, destacada e ostensiva » (art. 4, VI) ; empêcher par des moyens techniques les achats massifs, abusifs ou spéculatifs, y compris ceux réalisés avec des systèmes automatisés ou des scripts (art. 4, I) ; et proposer un transfert gratuit du billet à un tiers (art. 4, V). Le volet technologique ne s'impose pas à celui qui ne vend qu'au guichet.
Les plateformes de revente ont leur propre article : signaler quand le billet dépasse sa valeur faciale, préciser si le vendeur est un particulier ou une entreprise, retirer les annonces présentant des indices d'automatisation et avertir en page d'accueil, dans leur publicité et avant le paiement qu'elles ne sont pas le canal officiel. Le décret qualifie d'abusifs les frais facturés en double ou sans service en contrepartie (art. 6), impose de conserver deux ans les données de vente sans identification personnelle (art. 15) et déclare abusif le fait d'entraver l'accès à la meia-entrada (art. 8).
Ce qui s'applique déjà et ce qui attend vingt jours
L'article 26 scinde le calendrier. Vingt jours après la publication entrent en vigueur les articles 4 et 5, l'article 13 et les articles 15 à 18. Le reste s'applique depuis le 1er septembre.
Ce découpage dicte le travail des prochaines semaines : la file d'attente virtuelle et le remboursement intégral ne figurent pas dans la liste différée. Dès maintenant, un système d'accès contrôlé doit indiquer la position de l'utilisateur, le nombre de personnes devant lui et le temps approximatif qu'il lui reste à attendre (art. 14). Et en cas d'annulation, de report ou de modification substantielle, il faut rembourser l'intégralité des sommes versées, frais compris, sans pénalité ni retenue lorsque la cause n'est pas imputable au consommateur, l'acheteur choisissant entre une nouvelle date, un avoir ou un remboursement (art. 20 à 22).
Pourquoi c'est important
Le décret consacre un article entier aux plateformes de revente, mais ce qui change pour celui qui vend des billets, c'est le parcours d'achat. L'article 13 impose de réserver le billet pendant un délai suffisant pour finaliser l'achat, compte à rebours visible, et interdit que le prix et les frais bougent pendant cette réservation par passage à un nouveau lot, changement de tranche ou « mecanismo de precificação dinâmica » : une restriction qui vise le moteur de prix dynamiques, pas le marché secondaire.
Le remboursement, qui n'attend pas, inclut les frais accessoires : cela change la politique de remboursement et qui supporte le coût de gestion. L'art. 7, §3 impose en outre de conserver le critère selon lequel chaque frais est fixé.
Le décret ne fixe aucun montant de sanction : l'art. 23 renvoie au régime de la Lei nº 8.078 de 1990 elle-même et habilite le Ministério da Justiça e Segurança Pública à édicter des normes complémentaires. Ici, la question est passée par d'autres voies.