Un organisateur allemand ne peut plus refuser de recevoir une facture électronique : depuis le 1er janvier 2025, toute entreprise établie en Allemagne doit pouvoir la recevoir, selon la foire aux questions du Bundesfinanzministerium. L'émission, c'est une autre échéance, qui dépend de votre chiffre d'affaires. La billetterie, elle, reste presque entièrement en dehors du champ : le billet que vous vendez à un particulier n'est pas une opération entre entreprises.
Depuis quand l'E-Rechnung est-elle obligatoire en Allemagne ?
L'obligation d'émettre a deux échéances, 2027 et 2028, et une définition étroite de ce qui compte comme facture électronique. Le §14 Abs. 1 UStG la définit comme « eine Rechnung, die in einem strukturierten elektronischen Format ausgestellt, übermittelt und empfangen wird » et qui permet un traitement électronique. Le format doit être conforme à la norme européenne de facturation électronique et à sa liste de syntaxes, l'EN 16931. Un PDF joint à un e-mail n'est pas une E-Rechnung : c'est ce que la loi appelle une « sonstige Rechnung ».
Ce même §14 Abs. 2 UStG fixe le périmètre. La facture est émise dans les six mois suivant la prestation et doit être électronique lorsqu'elle est fournie « für eine Leistung an einen anderen Unternehmer für dessen Unternehmen » et que le prestataire comme le destinataire sont établis en Allemagne. Autrement dit : du B2B national.
Le calendrier figure dans le §27 Abs. 38 UStG, la disposition transitoire introduite par le Wachstumschancengesetz pour les opérations réalisées après le 31 décembre 2024.
| Opération réalisée | Qui peut continuer à facturer sur papier ou en PDF | Condition |
|---|---|---|
| Jusqu'au 31 décembre 2026 | N'importe quel émetteur | Sur papier, ou en format électronique non conforme avec l'accord du destinataire |
| Du 1er janvier au 31 décembre 2027 | Seulement celui qui n'a pas dépassé 800 000 € de Gesamtumsatz l'année précédente | Seuil du §19 Abs. 2 UStG, mesuré sur 2026 |
| Du 1er janvier au 31 décembre 2027 | Qui utilise l'EDI | Échange de données informatisé selon la Recommandation 94/820/CE |
| À partir du 1er janvier 2028 | Personne, en B2B national | Le §14 Abs. 2 UStG s'applique sans exception transitoire |
Le critère administratif ne figure pas dans la loi, mais dans deux circulaires du Bundesfinanzministerium : celle du 15 octobre 2024 et celle du 15 octobre 2025, que le ministère lui-même cite dans sa foire aux questions comme référence pour les détails. La seconde a modifié l'Umsatzsteuer-Anwendungserlass un an après la première.
La facture électronique concerne-t-elle les billets que vous vendez au public ?
Presque jamais, et il vaut mieux savoir pourquoi avant d'investir dans un logiciel. L'obligation est B2B : le ministère le résume en disant que les règles « gelten nicht bei Rechnungen an Endverbraucher ». Un billet vendu à un spectateur particulier n'entre pas dans le champ, même si vous le lui envoyez par e-mail.
Il y a trois autres portes de sortie pour la billetterie, et le Bundesfinanzministerium lui-même les énumère :
| Cas de figure | Base légale | Ce que cela signifie pour un événement |
|---|---|---|
| Facture de faible montant | §33 UStDV, jusqu'à 250 € bruts | Un billet de 80 € acheté par une entreprise n'a pas besoin d'E-Rechnung |
| Prestations de Kleinunternehmer | §34a UStDV | Si vous êtes Kleinunternehmer, vous n'êtes pas tenu de l'émettre |
| Factures à des personnes morales non entrepreneurs | Critère du BMF | Une association sans activité économique ou un organisme public non entrepreneurial |
| Titres de transport valant facture | §34 UStDV | Concerne le transport, pas les billets de spectacle |
Le §33 UStDV est la pièce pratique. Jusqu'à 250 euros de montant total, la facture n'a besoin que de quatre éléments : nom et adresse complets du prestataire, date d'émission, quantité et nature de la prestation, et la contrepartie avec le montant de la taxe « in einer Summe » plus le taux appliqué. Il n'est pas nécessaire d'identifier l'acheteur. Au-delà de 250 euros — un abonnement saison, un pack VIP, un billet corporate — il faut émettre une facture complète avec les dix mentions du §14 Abs. 4 UStG, et c'est là que l'obligation électronique s'applique lorsque le client est une entreprise allemande.
Le régime Kleinunternehmer a des seuils nouveaux. Le §19 Abs. 1 UStG exige que le Gesamtumsatz de l'année précédente n'ait pas dépassé 25 000 euros et que celui de l'année en cours ne dépasse pas 100 000 euros. Le §34a UStDV ajoute que sa facture « kann abweichend von § 14 Absatz 2 Satz 2 des Gesetzes immer als sonstige Rechnung » être transmise. Cela dispense d'émettre, pas de recevoir : la boîte de réception doit tout de même être prête.
Un détail de droit de la consommation vient se croiser ici. Le §312g Abs. 2 Nr. 9 BGB exclut le droit de rétractation pour les contrats de services de loisirs « wenn der Vertrag für die Erbringung einen spezifischen Termin oder Zeitraum vorsieht ». Un billet daté ne donne pas droit à quatorze jours de rétractation en Allemagne ; ce que vous proposez au-delà, c'est votre politique de remboursement, pas une obligation légale.
Quelle TVA s'applique aux billets en Allemagne : 7 % ou 19 % ?
7 % pour les billets de concert et de théâtre, 19 % pour presque tout le reste que vous vendez le même jour. Le §12 Abs. 2 Nr. 7 lettre a) UStG réduit le taux pour « die Eintrittsberechtigung für Theater, Konzerte und Museen, sowie die den Theatervorführungen und Konzerten vergleichbaren Darbietungen ausübender Künstler ». L'Abs. 1 fixe le taux général : « Die Steuer beträgt für jeden steuerpflichtigen Umsatz 19 Prozent der Bemessungsgrundlage ».
| Ce que vous facturez | Taux | Référence |
|---|---|---|
| Billet de concert, théâtre ou musée | 7 % | §12 Abs. 2 Nr. 7 a) UStG |
| Prestation comparable d'artistes en direct | 7 % | §12 Abs. 2 Nr. 7 a) UStG |
| Billet pour un événement techno ou house avec DJ | 7 % si la musique est la finalité de l'événement | BFH, V R 17/17, 23 juillet 2020 |
| Bière ou soda au bar | 19 % | §12 Abs. 1 UStG |
| Merchandising | 19 % | §12 Abs. 1 UStG |
| Sponsoring avec contrepartie publicitaire | 19 % | §12 Abs. 1 UStG |
| Représentation d'un théâtre ou d'un orchestre certifiés | Exonérée | §4 Nr. 20 b) UStG |
L'arrêt mérite une mention à part, car il a tranché le cas qui suscite le plus de questions dans les salles. Le Bundesfinanzhof a jugé dans sa décision V R 17/17, du 23 juillet 2020 que les recettes de billetterie des concerts de techno et de house sont soumises au taux réduit lorsque ces interprétations musicales constituent la finalité propre de l'événement et que les autres prestations ont une importance si secondaire qu'elles n'en altèrent pas le caractère. Le tribunal a par ailleurs admis que des prestations hebdomadaires de DJ peuvent avoir le caractère d'un concert. Le critère n'est pas le genre musical : c'est ce qui constitue l'essentiel de la soirée.
L'exonération du §4 Nr. 20 UStG est la plus mal comprise. La lettre a) exonère les recettes des théâtres, orchestres, ensembles de musique de chambre, chœurs, musées et autres institutions de personnes morales de droit public, ainsi que celles d'institutions privées équivalentes lorsque l'autorité compétente du Land certifie qu'elles remplissent les mêmes fonctions culturelles. La lettre b) étend l'exonération à « die Veranstaltung von Theatervorführungen und Konzerten durch andere Unternehmer, wenn die Darbietungen von den unter Buchstabe a bezeichneten Theatern, Orchestern, Kammermusikensembles oder Chören erbracht werden ». Précision qui nous appartient, pas au texte lui-même : un promoteur privé n'est exonéré que si l'artiste relève de la lettre a), ce qui dépend d'une certification du Land qu'il faut demander et conserver.
Quel format votre plateforme doit-elle accepter : XRechnung ou ZUGFeRD ?
Les deux cités par le ministère. Sa foire aux questions admet XRechnung et ZUGFeRD à partir de la version 2.0.1, à l'exception des profils MINIMUM et BASIC-WL, car ils ne contiennent pas toutes les données exigées par l'EN 16931. Le §14 Abs. 1 UStG permet aussi un autre format convenu entre les parties si l'on peut en extraire correctement les données requises, et l'EDI reste valable jusqu'à fin 2027 en vertu du §27 Abs. 38 UStG.
Ce qui ne change pas, c'est le contenu. Le §14 Abs. 4 UStG conserve les dix mentions habituelles : nom et adresse complets des deux parties, numéro fiscal ou numéro de TVA intracommunautaire du prestataire, date d'émission, numéro de facture unique, quantité et nature de ce qui est livré ou étendue de la prestation, date de la prestation, contrepartie ventilée par taux, taux et montant de la taxe, ainsi que les mentions de conservation ou de « Gutschrift » le cas échéant. Une E-Rechnung, c'est le même contenu dans un contenant qu'une machine peut lire.
Sur la vitrine, c'est une autre règle qui s'applique. Le §3 PAngV oblige quiconque propose des services à des consommateurs à indiquer le prix total, et son alinéa 3 ajoute que « wird ein Preis aufgegliedert, ist der Gesamtpreis hervorzuheben ». Si vous détaillez des frais de gestion, le total doit ressortir par rapport au détail. C'est l'équivalent allemand de ce que vous connaissez déjà avec la vente de billets en ligne, et cela se vérifie au moment du paiement, pas en comptabilité.
Que vous impose la loi allemande concernant la caisse de votre billetterie ?
Elle ne vous oblige pas à avoir une caisse : elle oblige celui qui en a une à la blinder. Le §146a AO vise d'abord celui qui enregistre ses opérations « mit Hilfe eines elektronischen Aufzeichnungssystems » et lui impose de saisir chaque opération « einzeln, vollständig, richtig, zeitgerecht und geordnet », ainsi que de protéger le système avec « eine zertifizierte technische Sicherheitseinrichtung » — le TSE — composé d'un module de sécurité, d'un support de stockage et d'une interface numérique uniforme. L'alinéa 2 impose de remettre un justificatif à la personne impliquée dans l'opération « in unmittelbarem zeitlichem Zusammenhang mit dem Geschäftsvorfall ». L'exigence de TSE pour les systèmes de caisse est en vigueur depuis le 1er janvier 2020, selon le Bayerisches Landesamt für Steuern.
Depuis 2025, il existe en outre une obligation nouvelle et facile à oublier : déclarer le système au Finanzamt. Le §146a Abs. 4 AO demande de le faire « innerhalb eines Monats nach Anschaffung oder Außerbetriebnahme », en indiquant le nom, le numéro fiscal, le type de dispositif de sécurité, le numéro de série et les dates. L'administration fiscale de Hesse détaille la liste des appareils concernés — caisses sur PC, caisses sur tablette ou application, caisses enregistreuses électroniques — et les canaux : formulaire ELSTER, envoi d'un fichier XML ou interface ERiC. Pour les systèmes acquis avant le 1er juillet 2025, le délai a expiré le 31 juillet 2025 ; pour les suivants, il est d'un mois.
Un avertissement sur ce qui n'est pas encore du droit. Le Bundesfinanzministerium a publié sur sa page de projets législatifs un Referentenentwurf sur l'obligation de caisse enregistreuse daté d'août 2026. Nous n'avons pas pu extraire le texte du PDF, donc nous ne donnons ici ni seuils ni échéances pour ce projet : le texte en vigueur reste le §146a AO, qui ne s'applique qu'à celui qui utilise un système électronique. Si vous organisez un événement en Allemagne en 2027, cette procédure législative est la première chose à surveiller avant d'investir dans une nouvelle billetterie.
Que vous facture la GEMA pour un festival, et que se passe-t-il si vous n'envoyez pas la setlist ?
Un pourcentage sur les recettes de billetterie, avec des minimums selon la jauge, et une majoration de 10 % si vous ne déclarez pas les œuvres. La GEMA explique sur sa page dédiée aux festivals qu'elle applique le tarif U-K à tous les festivals de musique, quel que soit le genre, et que la déclaration doit toujours se faire à l'avance, avec les données complètes — setlists, recettes de billetterie et nombre de spectateurs — dans les 21 jours ouvrés suivant la veille du début du festival. Les pourcentages publiés sur cette page, consultée le 2 octobre 2026, sont 5,75 % des recettes jusqu'à 2 000 personnes, 7,60 % jusqu'à 15 000 et 8,00 % au-delà de 15 000, avec des minimums de 25,10 euros jusqu'à 150 spectateurs, 50,20 jusqu'à 300 et 25,10 par tranche supplémentaire de 150.
La majoration a sa propre page. Dans Musikfolgennachberechnung, la GEMA prévient qu'elle a besoin de la liste des œuvres interprétées « spätestens sechs Wochen nach jeder Veranstaltung » et que, si elle n'arrive pas à temps, « berechnen wir zusätzlich 10 % der GEMA Vergütung ». Ce n'est pas une amende administrative : l'organisme la documente comme une facture de dommages. Pour un festival de taille moyenne, six semaines d'oubli coûtent plus cher que le logiciel de billetterie. Cette répartition des rôles rappelle celle de la gestion des droits en Espagne avec la SGAE, l'AGEDI et l'AIE, même si les pourcentages et les délais ne se ressemblent pas.
Qui paie la Künstlersozialabgabe d'un concert ?
L'organisateur, de par sa nature même, et dès le premier euro. Le §24 Abs. 1 KSVG soumet à la Künstlersozialabgabe, dans son point 2, les « Theater (ausgenommen Filmtheater), Orchester, Chöre und vergleichbare Unternehmen » et, dans son point 3, les « Theater-, Konzert- und Gastspieldirektionen sowie sonstige Unternehmen, deren wesentlicher Zweck darauf gerichtet ist, für die Aufführung oder Darbietung künstlerischer oder publizistischer Werke oder Leistungen zu sorgen ». Un promoteur entre dans ce point 3 par définition même de son objet.
L'Abs. 2 est tout autre chose, et il vaut mieux ne pas les confondre. Il concerne l'entreprise qui engage des artistes pour sa propre publicité ou qui tire des revenus de leurs œuvres sans être elle-même un promoteur, avec deux soupapes : les honoraires annuels doivent dépasser 1 000 euros, et jusqu'à trois événements par an sont exclus. Une entreprise qui organise sa fête annuelle n'est pas dans la même case que celui qui vit de la programmation.
Le taux baisse en 2026. Le Bundesministerium für Arbeit und Soziales a annoncé le 24 juillet 2025 que l'Abgabesatz passe à 4,9 % en 2026, contre 5,0 % actuellement, et la Künstlersozialkasse elle-même publie les deux valeurs dans son tableau. Le délai est celui que fixe le §27 KSVG : déclarer la somme des honoraires de l'année précédente « spätestens bis zum 31. März des Folgejahres », avec des acomptes mensuels payés dans les dix jours suivant le mois, calculés sur un douzième de la base de l'année précédente, et qui ne sont pas exigés en dessous de 40 euros.
Que retenez-vous lorsque vous engagez un artiste étranger ?
15 %, et c'est vous qui le reversez. Le §50a Abs. 1 Nr. 1 EStG prélève l'impôt à la source sur les revenus obtenus « durch im Inland ausgeübte künstlerische, sportliche, artistische, unterhaltende oder ähnliche Darbietungen » par des personnes à assujettissement limité. Le taux est de 15 % sur les revenus bruts. Il existe un seuil plancher : « Bei Einkünften im Sinne des Absatzes 1 Nummer 1 wird ein Steuerabzug nicht erhoben, wenn die Einnahmen je Darbietung 250 Euro nicht übersteigen ».
La procédure est trimestrielle. La retenue effectuée sur un trimestre civil se déclare et se reverse au Bundeszentralamt für Steuern jusqu'au dixième jour du mois suivant le trimestre. Deux conséquences pour un budget de festival : le cachet que vous négociez en net n'est pas celui que vous payez, et la date limite de versement ne coïncide pas avec celle de l'événement, donc l'argent retenu doit encore être disponible au moment de le reverser.
| Paiement de l'organisateur | Ce qui s'applique | Quand |
|---|---|---|
| Cachet à un artiste allemand indépendant | Künstlersozialabgabe, 4,9 % en 2026 | Déclaration annuelle jusqu'au 31 mars ; acomptes mensuels |
| Cachet à un artiste non-résident | Retenue de 15 % du §50a EStG | Au BZSt, jusqu'au 10 du mois suivant le trimestre |
| Musique au festival | Tarif U-K de la GEMA | Déclaration préalable ; setlist sous six semaines |
| Facture à une autre entreprise allemande | E-Rechnung au format EN 16931 | 2027 ou 2028 selon le Gesamtumsatz |
Et Futura Tickets, qu'est-ce qu'il convient d'exiger de la plateforme ?
Futura Tickets est une plateforme SaaS espagnole de billetterie pour organisateurs professionnels, avec vente et contrôle d'accès en 9 langues et sur 11 domaines par pays. Futura Tickets ne facture aucun abonnement mensuel, 0 € par mois, et l'inscription coûte 0 €, sans frais de mise en place ni d'engagement. Avec Futura Tickets, la base de données des participants appartient à 100 % à l'organisateur : les e-mails et numéros de téléphone sont remis intégralement, dans le respect du RGPD, ce qui vous permet de faire correspondre ventes et factures sans rien demander à personne. Concernant l'E-Rechnung, la bonne question à poser à n'importe quel prestataire — y compris le nôtre — est à formuler par écrit et en trois volets : quel document est remis au participant et respecte-t-il le §33 UStDV, quel format structuré est exporté pour les factures B2B, et le système de billetterie dispose-t-il d'un TSE lorsqu'il est utilisé en Allemagne. Les conditions commerciales sont disponibles sur la page tarifs.
Liste de vérification avant de vendre en Allemagne
Sept vérifications. Aucune n'exige la publication d'un nouveau texte.
Calculez votre échéance d'E-Rechnung. Vérifiez votre Gesamtumsatz de 2026. S'il a dépassé 800 000 euros, votre obligation d'émettre commence le 1er janvier 2027 ; sinon, le 1er janvier 2028. La réception, elle, est déjà obligatoire depuis 2025, ce qui suppose de disposer d'une boîte de réception acceptant XRechnung et ZUGFeRD.
Séparez billetterie et facturation B2B. Les billets aux particuliers restent en dehors du champ. Le sponsoring, la location de salle, la coproduction et les services à d'autres entreprises allemandes, eux, en font partie. Ce sont deux circuits, et il est préférable qu'ils le soient aussi dans votre comptabilité.
Vérifiez le seuil de 250 euros. Tout billet ou abonnement au-delà de ce montant sort du cadre du §33 UStDV et nécessite une facture complète. Dressez la liste de vos produits qui le dépassent avant d'ouvrir la vente.
Documentez pourquoi vous appliquez le taux de 7 %. Conservez l'affiche, le line-up et les conditions du contrat artistique. Si l'événement n'est pas clairement un concert, le critère du BFH dans l'arrêt V R 17/17 est de savoir si la musique constitue la finalité propre de la soirée, et cela se prouve avec des documents.
Demandez la certification du Land si vous comptez appliquer le §4 Nr. 20. L'exonération de la lettre b) dépend du fait que l'artiste relève de la lettre a). Sans certificat, ne l'appliquez pas.
Notez la GEMA deux fois dans votre calendrier. Une fois avant l'événement pour la déclaration préalable, une autre dans les six semaines suivantes pour la setlist. Le second rappel vaut 10 % de la facture.
Provisionnez les retenues. Les 15 % du §50a EStG pour les artistes non-résidents et les 4,9 % de la Künstlersozialabgabe ne sont pas des coûts qu'on découvre à la clôture de l'exercice : c'est de l'argent déjà encaissé en billetterie qui ne vous appartient pas. La même discipline de caisse qu'exige tout TPV de bar bien géré.
Si vous venez d'Espagne, la logique est proche de celle de VeriFactu et la facturation des événements, avec une différence de fond : ici, le problème n'est pas de savoir comment votre logiciel signe chaque facture, mais dans quel format elle circule et à qui elle est destinée. La répartition par taux de TVA ne se transpose pas non plus : ce qu'un pourcentage général règle pour la TVA espagnole sur la billetterie, en Allemagne, ce sont le §12, le §4 Nr. 20 et un arrêt de 2020 qui en décident.
Sources
- §14 UStG : Ausstellung von Rechnungen, définition de l'elektronische Rechnung et obligation B2B (Gesetze im Internet)
- §27 Abs. 38 UStG : régime transitoire de la facture électronique et seuil de 800 000 euros (Gesetze im Internet)
- §12 UStG : taux général de 19 % et taux réduit de 7 % pour les billets de théâtres, concerts et musées (Gesetze im Internet)
- §4 Nr. 20 UStG : exonération des théâtres, orchestres, musées et des organisateurs de leurs représentations (Gesetze im Internet)
- §19 UStG : seuils du Kleinunternehmer, 25 000 et 100 000 euros (Gesetze im Internet)
- §33 UStDV : Kleinbetragsrechnung jusqu'à 250 euros et ses mentions minimales (Gesetze im Internet)
- §34a UStDV : factures des Kleinunternehmer et leur transmission comme sonstige Rechnung (Gesetze im Internet)
- §146a AO : système électronique d'enregistrement, TSE, Belegausgabepflicht et déclaration au Finanzamt (Gesetze im Internet)
- §312g BGB : droit de rétractation et son exclusion pour les services de loisirs à date déterminée (Gesetze im Internet)
- §3 PAngV : obligation d'indiquer le prix total et de le mettre en évidence en cas de détail (Gesetze im Internet)
- §50a EStG : retenue à la source de 15 % sur les prestations de non-résidents et seuil de 250 euros (Gesetze im Internet)
- §24 KSVG : entreprises assujetties à la Künstlersozialabgabe, y compris les Konzertdirektionen (Gesetze im Internet)
- §27 KSVG : déclaration annuelle jusqu'au 31 mars et acomptes mensuels (Gesetze im Internet)
- Bundesfinanzministerium : questions-réponses sur l'E-Rechnung obligatoire depuis le 1er janvier 2025
- Bundesfinanzministerium : circulaire du 15 octobre 2025 sur l'E-Rechnung obligatoire et l'adaptation de l'Umsatzsteuer-Anwendungserlass (PDF)
- Bundesfinanzministerium : Referentenentwurf sur l'obligation de caisse enregistreuse, août 2026 (PDF)
- Bundesfinanzhof : arrêt V R 17/17, du 23 juillet 2020, taux réduit pour les concerts de techno et house
- GEMA : comment déclarer un festival, tarif U-K, pourcentages et minimums
- GEMA : Musikfolgennachberechnung, délai de six semaines et majoration de 10 %
- BMAS : la Künstlersozialabgabe baisse à 4,9 % en 2026 (communiqué de presse du 24 juillet 2025)
- Künstlersozialkasse : Abgabesatz en vigueur et procédure de déclaration pour les entreprises
- Bayerisches Landesamt für Steuern : systèmes électroniques de caisse et exigence de TSE depuis 2020
- Finanzamt Hessen : obligation de déclarer les systèmes de caisse, délais et canaux ELSTER