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Juridique14 min

Quelle est la limite de bruit pour un événement en France ? Guide 2026

La France plafonne le son du public à 102 dB(A) sur 15 minutes, impose une étude d'impact des nuisances sonores et révise le critère d'émergence depuis 2026.

par Alejandro García Cestero

CEO et fondateur

Quelle est la limite de bruit pour un événement en France ? Guide 2026
Foto: Luis Quintero vía Pexels

Réponse rapide

En France, aucun point accessible au public ne peut dépasser 102 dB(A) ni 118 dB(C) en moyenne sur 15 minutes, selon l'article R. 1336-1 du code de la santé publique. Les établissements accueillant plus de 300 personnes enregistrent les niveaux et les conservent pendant six mois, et tout festival doit réaliser une étude de l'impact des nuisances sonores.

Un concert en France est soumis à deux plafonds sonores à la fois : celui qui protège les oreilles du public, exprimé en décibels, et celui qui protège la tranquillité du voisinage, exprimé comme un écart par rapport au bruit de fond. Le premier est facile à mesurer. Le second vient d'être revisité par un groupe de travail interministériel.

Quelle est la limite de bruit d'un événement en France ?

102 dB(A) et 118 dB(C) sur 15 minutes, sans exception de lieu ni de moment. Le rapport du groupe de travail technique sur la réglementation sonore (GTRS) du ministère de la Culture le résume sans ambiguïté : l'obligation du 1° de l'article R. 1336-1 du code de la santé publique « consiste à ne dépasser, à aucun moment et en aucun endroit accessible au public, les niveaux de pression acoustique continus équivalents de 102 décibels pondérés A sur 15 minutes et 118 décibels pondérés C sur 15 minutes ».

Le dB(C) est la nouveauté qui a changé la conception des systèmes en 2017 : il pondère les basses fréquences que le dB(A) laisse de côté. Un line array conforme en dB(A) peut dépasser les limites en dB(C) si le subwoofer n'est pas maîtrisé.

Lorsque l'activité est destinée aux enfants de moins de six ans, les plafonds descendent à 94 dB(A) et 104 dB(C) sur 15 minutes, selon la fiche sur les lieux diffusant des sons amplifiés de l'Agence régionale de santé Île-de-France. C'est la donnée que l'on oublie dans les festivals avec un espace enfants.

Ce qui est mesuréLimiteBase légale
Public général, niveau continu équivalent102 dB(A) et 118 dB(C) sur 15 minutesArt. R. 1336-1, 1°, CSP
Activité destinée aux enfants de moins de 6 ans94 dB(A) et 104 dB(C) sur 15 minutesArt. R. 1336-1 CSP, fiche ARS Île-de-France
Zone ou périodes de repos auditifRègle d'égalité d'énergie basée sur 80 dB(A) sur 8 heuresArt. R. 1336-1, 6°, CSP
Seuil d'entrée dans le régime80 dB(A) sur 8 heuresArt. R. 1336-1, I, CSP
Émergence globale au domicile, jour (7h-22h)5 dB(A) plus terme correctifArt. R. 1336-7 CSP
Émergence globale au domicile, nuit (22h-7h)3 dB(A) plus terme correctifArt. R. 1336-7 CSP

Un calcul pour mesurer l'ampleur de la limite imposée au public : 102 dB(A) pendant un quart d'heure équivaut, selon la règle d'égalité d'énergie, à près de cinq fois la dose de référence de 80 dB(A) sur huit heures. Le plafond légal n'est pas un niveau confortable : c'est la limite extrême.

À quels événements s'applique le décret « son » de 2017 ?

À tous ceux qui dépassent 80 dB(A) sur huit heures, en intérieur comme en extérieur. Le décret n° 2017-1244 du 7 août 2017 a élargi le périmètre, jusque-là limité aux établissements clos, à tout lieu public ou recevant du public, « clos ou ouvert », comme le rappelle l'observatoire Bruitparif. Salles de concert, discothèques, bars musicaux, salles polyvalentes, campings, cinémas et festivals en plein air sont entrés dans le même régime.

Le seuil d'entrée est écrit en toutes lettres. Le rapport du GTRS le situe dans « le I de l'article R.1336-1 du CSP [qui] fixe le seuil de 80 décibels pondérés A sur 8 heures pour entrer dans le champ des dispositions du même code concernant la protection du public », avec une annexe de calcul dans l'arrêté d'application. Et il en tire la conséquence : « En-deçà de ce seuil le festival n'est pas concerné par la réglementation spécifique prévue aux articles R.1336-1 à 3 du CSP ».

La loi-cadre surplombe tout cela. L'article L. 1336-1 du code de la santé publique, que le rapport cite littéralement, impose que les activités de diffusion de sons à un niveau élevé « sont exercées de façon à protéger l'audition du public et la santé des riverains ». Protection du public et protection du voisin : deux obligations distinctes dans la même phrase, et le reste de l'articulation ne fait que les développer.

Qui est responsable ne dépend pas non plus de l'intitulé du contrat. La formule légale reprise par le GTRS englobe « l'exploitant du lieu, le producteur, le diffuseur qui dans le cadre d'un contrat a reçu la responsabilité de la sécurité du public, ou le responsable légal du lieu de l'activité qui s'y déroule ». Si vous avez signé que vous assumez la sécurité du public, vous avez signé cela. Cela rejoint la répartition des responsabilités que nous avons déjà expliquée pour la jauge et la sécurité d'un ERP de type L en France.

Quelles obligations changent à partir de 300 personnes ?

La jauge répartit les obligations en deux blocs. La fiche de l'ARS Île-de-France en énumère six : ne pas dépasser les niveaux maximaux, enregistrer en continu les niveaux en dB(A) et en dB(C), les afficher près de la table de contrôle, informer le public des risques auditifs, mettre à disposition des protections auditives gratuites et aménager des zones ou périodes de repos. Les 1°, 4°, 5° et 6° s'appliquent aux lieux accueillant jusqu'à 300 personnes qui programment de façon habituelle ; les six s'appliquent à ceux de plus de 300.

Le GTRS confirme cette répartition et en relativise la difficulté technique : « les obligations d'enregistrement et d'affichage des niveaux sonores prévu au 2° et 3° de l'article R.1336-1 du CSP pour les lieux accueillant plus de 300 personnes sont faciles à mettre en œuvre ».

ObligationJusqu'à 300 personnes (habituel)Plus de 300 personnes
Ne pas dépasser 102 dB(A) et 118 dB(C) sur 15 minOuiOui
Enregistrer les niveaux en continu en dB(A) et dB(C)NonOui
Afficher les niveaux près du système de contrôleNonOui
Informer le public des risques auditifsOuiOui
Protections auditives gratuites et suffisantesOuiOui
Zone ou périodes de repos auditifOuiOui

Les enregistrements ne se jettent pas au démontage. La même fiche de l'ARS indique qu'ils doivent être conservés au moins six mois et tenus à la disposition des autorités. Ces archives constituent la seule preuve à décharge face à une plainte ultérieure : sans enregistrement continu, la parole du technicien son ne pèse pas lourd.

L'ARS ajoute deux détails opérationnels absents du décret : le limiteur de pression acoustique doit être installé et réglé par un professionnel, et sa vérification se répète « de manière périodique tous les deux ans ». Si la salle que vous louez dispose d'un limiteur, demandez le dernier procès-verbal de vérification avant de signer.

Quelles limites protègent les voisins ?

Ici, on ne mesure pas un niveau, on mesure un écart. L'article R. 1336-7 du code de la santé publique, reproduit en annexe du rapport du GTRS, définit l'émergence globale comme « la différence entre le niveau de bruit ambiant, comportant le bruit particulier en cause, et le niveau du bruit résiduel ». Les valeurs limites sont de « 5 décibels pondérés A en période diurne (de 7 heures à 22 heures) et de 3 décibels pondérés A en période nocturne (de 22 heures à 7 heures) ».

À ces valeurs s'ajoute un terme correctif selon la durée du bruit, et le barème favorise la brièveté : 6 dB(A) si la durée est inférieure ou égale à une minute, 5 entre une et cinq minutes, 4 entre cinq et vingt minutes, 3 entre vingt minutes et deux heures, 2 entre deux et quatre heures, 1 entre quatre et huit heures, et zéro au-delà de huit heures. Une lecture s'impose : un festival qui programme de la musique de 16h à 1h dépasse les huit heures et se retrouve sans aucune marge correctrice. Le barème est pensé pour un bruit ponctuel, pas pour huit heures continues de scène.

L'émergence spectrale, prévue à l'article R. 1336-8, ajoute un second filtre à l'intérieur des logements : 7 décibels dans les bandes d'octave de 125 et 250 Hz, et 5 décibels dans celles de 500, 1 000, 2 000 et 4 000 Hz.

Le rapport reconnaît que ce critère est difficile à appliquer : la difficulté « réside principalement dans le calcul du niveau du bruit résiduel », car rien ne définit ce que sont les « bruits habituels ». Il cite un arrêt de la Cour de cassation (3e civ., AJDI 2023 p. 371) qui a écarté la mesure apportée par un voisin parce qu'elle se fondait « sur une unique mesure du bruit résiduel puis sur une unique mesure de bruit résultant de chants de coqs » réalisées à des heures et, probablement, des endroits différents. La conséquence, le groupe l'écrit lui-même : le contrôle du critère d'émergence « devient difficile, et par voie de conséquence source d'une relative insécurité juridique ».

À partir de combien de jours un festival entre-t-il dans le critère d'émergence ?

À partir de quatre jours. C'est la conclusion la plus concrète du rapport de 2026, et elle corrige une idée reçue : « il est établi par ailleurs que contrairement à une lecture erronée des textes qui était jusqu'à présent donnée, le critère d'émergence ne s'applique que pour les festivals de plein air de 4 jours ou plus ».

L'enchaînement est le suivant. L'article R. 1336-6 du code de la santé publique n'impose le respect de l'émergence qu'à « l'activité sportive, culturelle ou de loisir, organisée de façon habituelle ». Et le III de l'article 1 de l'arrêté du 17 avril 2023 définit ce caractère habituel comme « une durée égale ou supérieure à douze jours calendaires sur 12 mois consécutifs » ou « une durée supérieure à 3 jours calendaires sur 30 jours consécutifs ». Un festival de trois jours n'est pas habituel ; un festival de quatre jours, si. L'agence technique départementale de Haute-Garonne situe l'entrée en vigueur de l'arrêté au 27 avril 2023.

Attention à ce que cela ne signifie pas. Cela n'exonère pas de l'interdiction générale de l'article R. 1336-5, qui interdit de porter atteinte à la tranquillité du voisinage en fonction de l'intensité, de la durée et de la répétition du bruit. Cela n'exonère pas non plus du régime du code de l'environnement : l'article R. 571-96, tel que le reproduit le rapport, sanctionne d'une contravention de cinquième classe quiconque génère, dans des lieux ouverts au public, « des niveaux sonores dépassant les valeurs maximales d'émergence prévues au deuxième alinéa de l'article R. 571-26 ». Et cela n'exonère pas des arrêtés locaux, qui sont en pratique la voie par laquelle le bruit finit vraiment par être encadré.

Le rapport l'illustre par un cas concret : dans les Bouches-du-Rhône, où se tient le festival Marsatac, le préfet a pris un arrêté interdisant la diffusion de sons amplifiés dans les lieux publics sauf dérogation municipale, et la mairie de Marseille a accordé « une dérogation pour diffusion de musique amplifiée sur l'espace extérieur » avec des prescriptions. Préfet au titre de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales, maire au titre du 2° de l'article L. 2212-2 : la ligne de partage est géographique.

Qu'est-ce que l'EINS et qui en est responsable ?

C'est l'étude de l'impact des nuisances sonores, et c'est le document que l'on vous demandera lors d'un contrôle. L'article R. 571-27 du code de l'environnement, reproduit en annexe du rapport, impose à « l'exploitant, le producteur, le diffuseur qui dans le cadre d'un contrat a reçu la responsabilité de la sécurité du public, le responsable légal du lieu ouvert au public ou recevant du public, clos ou ouvert, accueillant à titre habituel des activités de diffusion de sons amplifiés, ou le responsable d'un festival » d'établir cette étude.

Le contenu est détaillé par l'article 5 de l'arrêté du 17 avril 2023 : identité de l'exploitant et du professionnel signataire, description de l'activité, du lieu et de la sonorisation, croquis, analyse de l'environnement et des bâtiments voisins, prévision des impacts selon la configuration, et mesures de prévention. L'étude « peut notamment conclure à la nécessité de mettre en place des limiteurs de pression acoustique » et doit être mise à jour en cas de changement des locaux, des activités ou du système de diffusion.

Deux avertissements du rapport lui-même, qu'il vaut la peine de lire attentivement. Le premier : respecter l'EINS « n'exonère pas, en droit, l'exploitant de sa responsabilité en cas de constat pendant l'événement du dépassement des seuils autorisés ». Le second, en sens inverse : « le non-respect des prescriptions de l'EINS ne constituerait pas en soi un motif de sanction dès lors que les seuils pour le public et les riverains ne seraient pas dépassés ». L'EINS n'est pas un contrat d'assurance, mais elle constitue une preuve de professionnalisme et de bonne foi en cas de litige avec des voisins.

Lors d'un contrôle, il faut pouvoir la présenter. Le III de l'article R. 571-27 impose de présenter le dossier aux agents mentionnés à l'article L. 571-18, et le II de l'article R. 571-96 sanctionne d'une contravention de cinquième classe l'impossibilité de présenter l'étude ou le procès-verbal de vérification des limiteurs lorsque l'étude les exigeait.

Qu'est-ce qui va changer après le rapport de 2026 ?

Le critère d'émergence, si la réforme aboutit. Le ministère de la Transition écologique a annoncé le 17 avril 2026 qu'il étudie les propositions du groupe de travail et qu'il ouvre « une phase de large concertation », le Conseil national du bruit et le Haut Conseil de la santé publique figurant parmi les organismes consultés. Le groupe a été constitué en juin 2025, après le Printemps de Bourges de cette année-là, et a remis son rapport le 17 mars 2026.

La proposition principale consiste à remplacer l'émergence par des maximums de pression acoustique. Le rapport propose de modifier l'article R. 571-27 pour que le préfet puisse autoriser un festival en plein air à ne pas appliquer l'émergence s'il respecte les engagements pris dans son EINS sur trois grandeurs : maximums continus en dB(A) sur 15 minutes, maximums continus en dB(C) sur 15 minutes et, « le cas échéant », maximums pour la bande d'octave des 63 Hz. Ces niveaux « sont mesurés durant le festival à au moins trois points fixes distincts et ne sont dépassés à aucun moment ».

Les garanties de procédure sont également prévues : l'autorisation du préfet serait délivrée après avis du CODERST, le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques prévu à l'article L. 1416-1 du CSP, et « l'autorisation du préfet et l'EINS sont publiées au moins quinze jours francs avant le début du festival ». Quinze jours francs avant le premier jour : c'est un enjeu de calendrier de production, pas de la paperasse de dernière minute.

La seconde proposition, moins bien accueillie au sein du groupe, maintient l'émergence et y ajoute des bonifications de 5 dB pour concertation préalable avec les voisins, pour une fin avant minuit, pour l'absence d'autres événements avec étude d'impact l'année précédente, et pour la fixation d'un seuil en limite de propriété pour la bande des 63 Hz. Trois constats soutiennent tout cet exercice : la perception de la nuisance varie « de l'ordre de 1 à 3 » à volume égal selon le contexte, les problèmes viennent surtout des basses fréquences que l'émergence capte mal, et le mode de calcul dépend en partie de la météorologie.

Rien de tout cela n'est en vigueur. En attendant un décret, le critère applicable reste celui des articles R. 1336-7 et R. 1336-8. Le rapport lui-même constate que le risque de sanction financière « n'a toutefois jamais conduit à l'annulation de festivals ».

Une précision de lecture : la couverture du PDF publié par le ministère indique « Publication le 17 mars 2028 », alors que l'en-tête de toutes les pages et la fiche de publication datent le document de mars et avril 2026. Il s'agit d'une coquille sur la couverture, pas d'une date future.

Quelles amendes et fermetures prévoit la réglementation ?

Une contravention de cinquième classe par les deux voies, sanitaire et environnementale. L'ARS Île-de-France la chiffre à « jusqu'à 1 500 € ou 3 000 € en cas de récidive » et ajoute les mesures administratives, souvent plus douloureuses : suspension de l'activité musicale, fermeture temporaire pouvant aller jusqu'à trois mois, et retrait de l'autorisation.

L'article R. 571-96 du code de l'environnement, reproduit dans le rapport, ajoute la peine complémentaire de confiscation des « dispositifs ou matériels de sonorisation ayant servi à la commission de l'infraction », tant pour les personnes physiques que pour les personnes morales déclarées pénalement responsables.

En dehors du régime spécifique subsiste la voie rapide du bruit de voisinage. La fiche F612 de service-public.gouv.fr prévoit l'amende forfaitaire de 68 euros, qui passe à 180 euros en cas de paiement hors délai et peut atteindre 450 euros, sur la base de l'article R. 1336-5 du CSP et de l'article R. 623-2 du code pénal. C'est celle qui finit entre les mains de la police municipale à deux heures du matin, et qui n'attend aucune expertise.

Quel niveau de bruit votre équipe de production peut-elle supporter ?

Cet aspect n'est pas couvert par le décret « son » : il relève du droit du travail, et ses seuils sont plus stricts. L'INRS, l'institut national de recherche et de sécurité, fixe trois paliers d'exposition quotidienne normalisée à huit heures : valeur d'exposition inférieure déclenchant l'action à 80 dB(A), valeur supérieure à 85 dB(A) et valeur limite d'exposition à 87 dB(A). En niveaux de crête, 135, 137 et 140 dB(C).

Le calcul se fait facilement. À un poste exposé à 102 dB(A), un travailleur sans protection auditive atteint la valeur inférieure de 80 dB(A) en environ trois minutes, la valeur supérieure de 85 dB(A) en moins de dix minutes, et la valeur limite de 87 dB(A) en un peu plus d'un quart d'heure. Bar, scène, contrôle d'accès et sécurité privée sont des postes de travail pendant tout le spectacle.

D'où le fait que la protection auditive du personnel n'est pas une simple courtoisie. L'INRS fixe l'ordre de priorité : évaluation de l'exposition, réduction à la source, information et formation, équipements de protection individuelle et surveillance audiométrique. Si vous sous-traitez le son ou la sécurité, cette documentation est détenue par l'entreprise prestataire, et vous la coordonnez, tout comme vous coordonnez le montage ou les points de contrôle d'accès.

Et Futura Tickets, quelle part de tout cela couvre-t-il ?

Peu de choses, et il faut le dire clairement : une plateforme de billetterie ne mesure pas de décibels. Ce qui vit en revanche à l'intérieur du système de vente, ce sont deux données que le dossier acoustique utilise sans cesse : l'horaire engagé et la jauge par zone. Si l'autorisation municipale limite la musique jusqu'à minuit, cela doit figurer dans les conditions de vente et sur le billet, pas seulement dans le scénario de production. Dans son guide opérationnel, Futura Tickets recommande de configurer des alertes de jauge à 80 % et à 95 % de la capacité de chaque zone, un seuil qui est aussi pertinent pour surveiller les zones les plus proches des habitations. Le reste des obligations — EINS, limiteur, enregistrements — relève de l'exploitant du lieu et du responsable du festival, et aucun outil ne les assume à votre place.

Liste de vérification avant d'ouvrir la vente en France

Sept vérifications, dans l'ordre du calendrier.

Comptez les jours du festival. Quatre jours calendaires ou plus sur 30 jours consécutifs vous font entrer dans le critère d'émergence ; trois jours, non. C'est la lecture retenue par le rapport du GTRS de mars 2026 sur l'arrêté du 17 avril 2023, et elle change complètement le coût du dispositif acoustique.

Commandez l'EINS avant de figer l'implantation. L'étude analyse les différentes configurations possibles du système de diffusion. Si vous la réalisez une fois la scène déjà orientée, elle ne servira qu'à documenter un problème existant.

Demandez par écrit l'arrêté applicable. Préfecture et mairie peuvent ajouter leurs propres prescriptions au titre de leurs pouvoirs de police générale. Dans certains départements, la diffusion de son amplifié sur l'espace public est interdite sauf dérogation municipale.

Vérifiez la jauge par rapport au seuil de 300. Au-delà, enregistrement continu en dB(A) et dB(C), affichage près du contrôle et archivage de six mois. Définissez qui conserve les fichiers et où.

Réservez un budget pour les bouchons d'oreille et la zone de repos. Les protections auditives sont gratuites et fournies en quantité suffisante, et la zone de repos doit respecter la règle d'égalité d'énergie de 80 dB(A) sur huit heures.

Traitez le personnel comme un travailleur exposé. Trois minutes à 102 dB(A) suffisent à franchir le premier palier de l'INRS. Évaluation, protection et coordination documentée avec les entreprises sous-traitantes.

Indiquez l'horaire de fin de musique dans les conditions de vente. Si vous le réduisez en cours de campagne, vous ajoutez un problème de droit de la consommation au problème acoustique. Le reste du dossier — habilitation, fiscalité et billets — se trouve dans le guide pour vendre des billets en France, et si vous tenez une buvette, dans celui sur la buvette et sa licence.

Conclusion

La France a une limite claire pour le public, et une limite pour le voisin encore en révision. La première — 102 dB(A) et 118 dB(C) sur 15 minutes — ne se négocie pas et se vérifie par un enregistrement que vous devez conserver. La seconde dépend d'une émergence que l'État lui-même reconnaît difficile à mesurer, et qu'il souhaite remplacer par des maximums de pression acoustique en trois points fixes, avec un contrôle des basses fréquences. En attendant le décret, la marge se gagne avec l'EINS, la concertation avec le voisinage et un calendrier qui ne laisse pas la dérogation municipale pour la dernière semaine. Pour comparer avec le modèle espagnol, où les objectifs découlent du zonage acoustique et non d'un écart, voir les limites de bruit d'un événement en Espagne. Et pour les aides publiques qui amortissent le coût de ces dispositifs, voir l'appel à projets du CNM pour les festivals. Toutes les sources ont été consultées le 16 octobre 2026.

Sources

Actualité du secteur : France

futuratickets.fr/revista

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Questions fréquentes

Quel est le niveau sonore maximal autorisé pour le public en France ?
102 décibels pondérés A et 118 décibels pondérés C, mesurés en niveau continu équivalent sur 15 minutes, à aucun moment et en aucun point accessible au public. C'est ce que fixe le 1° de l'article R. 1336-1 du code de la santé publique. Pour les activités destinées aux enfants de moins de six ans, ces plafonds descendent à 94 dB(A) et 104 dB(C).
Un festival de trois jours est-il soumis au critère d'émergence ?
Selon le rapport du groupe de travail technique du ministère de la Culture remis le 17 mars 2026, non : le critère d'émergence ne s'applique qu'aux festivals en plein air de quatre jours ou plus. Le caractère habituel se définit comme plus de trois jours calendaires sur 30 jours consécutifs, ou douze jours sur douze mois.
Qu'est-ce que l'EINS et qui doit la réaliser ?
C'est l'étude de l'impact des nuisances sonores prévue à l'article R. 571-27 du code de l'environnement. Elle incombe à l'exploitant du lieu, au producteur, au diffuseur ayant contractuellement assumé la sécurité du public, ou au responsable du festival. Elle doit être établie avant l'événement et pouvoir être présentée lors d'un contrôle.
Quelle amende est prévue en cas de dépassement des limites sonores d'un événement ?
Une contravention de cinquième classe, pouvant atteindre 1 500 euros et 3 000 euros en cas de récidive, selon l'Agence régionale de santé Île-de-France, qui ajoute la suspension de l'activité musicale et la fermeture temporaire pouvant aller jusqu'à trois mois. Le juge peut également ordonner la confiscation du matériel de sonorisation.
Faut-il distribuer des protections auditives aux spectateurs ?
Oui, gratuitement et en quantité suffisante, avec une information sur les risques auditifs et une zone ou des périodes de repos où le niveau respecte la règle d'égalité d'énergie basée sur 80 dB(A) sur huit heures. Ce sont les 4°, 5° et 6° de l'article R. 1336-1 du code de la santé publique.
Que change la réforme annoncée en avril 2026 ?
Le gouvernement français étudie la possibilité pour le préfet d'autoriser le remplacement du critère d'émergence par des maximums de pression acoustique en au moins trois points fixes, avec un contrôle de la bande des 63 Hz. Une phase de concertation a été ouverte le 17 avril 2026 ; aucun texte n'est encore en vigueur.

À propos de l'auteur

Alejandro García Cestero

CEO et fondateur

Fondateur et CEO de Futura Tickets. Pilote la stratégie produit, le développement de l'entreprise et la relation avec les organisateurs d'événements, avec un objectif : leur donner le contrôle total de leur billetterie et de leurs données.

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